« Ce que tu n’arrives pas à dire, tu n’as qu’à l’écrire »

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À l’oral, je m’exprime à peu près aussi bien que cette dame se met du rouge à lèvres.

Tout a commencé par cette phrase a priori anodine : « Ce que tu n’arrives pas à dire, tu n’as qu’à l’écrire ». Elle en a de bonnes ma copine Marie parfois. Alors, oui, c’est vrai, il m’est bien plus facile d’écrire que de parler. Depuis toujours. Mais est-ce que ça signifie qu’avec mon clavier ou mon stylo, tout sera forcément plus facile à exprimer ? Peut-être bien.

Pendant quelques jours je n’ai plus repensé à ce que m’avait dit Marie. Mais ensuite, l’idée est revenue. Comme si elle avait pris son temps pour faire son petit bout de chemin dans ma tête. Presque à mon insu. Alors je me suis installée face à l’écran de mon ordinateur. Et BOUM. Pardon, mais y’a pas d’autres façons d’exprimer ça. Le petit curseur de mon document Word n’a pas bien compris ce qui lui arrivait ce jour-là. En véritable Usain Bolt de la dactylographie, il s’est retrouvé tout en bas de trois pages consciencieusement noircies en moins de temps qu’il n’en faut pour le lire.

Enfermé dans le silence de ma caboche, tout me paraissait compliqué et confus. Mais, au moment de l’écrire, c’était comme si les mots s’imposaient tous seuls. Pourtant, qu’on les écrive ou qu’on les dise, dans le fond, ce sont les mêmes, non ? Alors qu’est ce que c’est que ce bordel ?

Il faut dire que le conseil de Marie n’était pas intervenu dans n’importe quelles circonstances. Ce qu’elle me conseillait d’écrire à défaut de pouvoir le dire, c’étaient mes sentiments. Ceux que je ressens pour une personne un peu spéciale.

Si tu veux mon avis, les sentiments c’est une belle source d’emmerdes. En plus ça me rend vulgaire. Personnellement, je n’ai jamais su quoi en faire. J’ai toujours été assez bluffée de voir que la majorité des gens parvient à se dépatouiller avec ce qu’elle ressent sans trop de problème. Attention, je ne dis pas que c’est facile pour les autres. Je sais bien que les sentiments font galérer tout le monde. Sauf que, chez moi, je t’assure que ça prend une autre dimension.

Qu’est ce que je suis censée en faire exactement ? Les révéler ? Et s’ils ne sont pas partagés ? C’est un énorme risque ça. Les risques c’est pour les gens courageux. Je peux l’être, parfois. Mais pas dans ce domaine, désolée. Les accueillir pleinement ? Ah mais non, certainement pas. Ressentir ça fait mal cher(e) ami(e) !

Je te vois venir, là. Tu vas me dire : « Oui ba je te signale qu’on n’est pas chez les Bisounours et vivre ça fait mal parfois. Si tu évites tout ce qui pourrait te faire souffrir tu ne vivras jamais vraiment. » Et tu sais ce qui est le pire dans tout ça ? Le pire c’est que je suis intimement convaincue que t’as raison.

Je pourrais totalement être la fille qui balance ce genre de phrase à une amie. Et je le ferais sans aucune mauvaise foi ou hypocrisie parce que, encore une fois, je pense sincèrement que c’est vrai. Ça, c’est un magnifique exemple du fossé qui sépare parfois la théorie de la pratique.

En théorie, j’ai absolument tout ce qu’il faut pour être la meuf la plus épanouie que cette bonne vieille Terre ait jamais portée. En pratique, je suis l’Emplumée.

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